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    - Pas toi

     

     

     

     

    Graver l'écorce

    Jusqu'à saigner

    Clouer des portes

    S'emprisonner

    Vivre des songes

    À trop veiller

    Prier des ombres

    Et tant marcher

     

    J'ai beau me dire

    Qu'il faut du temps

    J'ai beau écrire

    Si noir sur blanc

     

    Quoi que je fasse

    Où que je sois

    Rien ne t'efface

    Je pense à toi

     

    Passent les jours

    Vides sillons

    Dans la raison

    Mais sans amour

    Passe ma chance

    Tournent les vents

    Reste l'absence

    Obstinément

     

    J'ai beau me dire

    Que c'est comme ça

    Que sans vieillir

    On n'oublie pas

     

    Quoi que je fasse

     

     

    Où que je sois

    Rien ne t'efface

    Je pense à toi

    Quoi que j'apprenne

    Je ne sais pas

    Pourquoi je saigne

    Et pas toi

    Y'a pas de haine

    Y'a pas de rois

    Ni dieu ni chaînes

    Qu'on ne combat

    Mais que faut-il ?

    Quelle puissance ?

    Quelle arme brise

    L'indifférence ?

     

    Oh, c'est pas juste

    C'est mal écrit

    Comme une injure

    Plus qu'un mépris

     

    Quoi que je fasse

    Où que je sois

    Rien ne t'efface

    Je pense à toi

    Quoi que j'apprenne

    Je ne sais pas

    Pourquoi je saigne

    Et pas toi

     

    Et pas toi

     

    Pas toi...

     


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     Au bout de la jetée j’affronte l’océan

    Comme un marin peureux dont les pieds restent au port.

    Au bout de la jetée, décoiffé par le vent

    Je respire l’infini, les abysses et la mort.

     

     

    Quand j’ai besoin de paix

    Et envie de rêver

    Je vais boire le vent frais

    Au bout de la jetée

     

    Le monde des vivants reste au loin derrière moi.

    Je ne vois que le ciel, l’horizon et les flots.

    Sur cette immensité vogue un bateau parfois

    Qu’escortent à la traine une nuée d’oiseaux.

     

    Quand j’ai besoin de paix

    Et envie de rêver

    Je vais boire le vent frais

    Au bout de la jetée

     

    Assis sur le granit, blotti au pied du phare

    J’ai oublié la ville, son tumulte et ses cris

    Les vagues et l’horizon remplissent mon regard

    Je n’entends que le vent, les oiseaux et la pluie.

     

     

    Quand j’ai besoin de paix

    Et envie de rêver

    Je vais boire le vent frais

    Au bout de la jetée

     

    Des bateaux, en sortant, vont hisser leur grande voile

    Qui frémit, impatiente, au large, de gonfler

    D’autres, sur le retour, vont affaler la toile

    Laissant à leur moteur la charge de rentrer.

     

    Quand j’ai besoin de paix

    Et envie de rêver

    Je vais boire le vent frais

    Au bout de la jetée

     

    Là-bas, au loin, tout droit, nous attend l’Amérique

    A plusieurs jours de mer on peut y arriver

    Débarquer à New York, près de ses tours mythiques

    Et, regardant à l’est, rêver de ma jetée.

     

     

    Quand j’ai besoin de paix

    Et envie de rêver

    Je vais boire le vent frais

    Au bout de la jetée

     

    Mais la nuit va tomber et j’ai maintenant froid

    Je me lève et repars vers la plage et la ville

    Un goéland me suit et dans le ciel tournoie

    Saluant mon départ par un cri presque hostile.

     

    Quand je voudrai la paix

    Chercherai à rêver

    J’irai boire le vent frais

    Au bout de la jetée


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