• - C'était avant

     

     

    Je n’ai pas oublié comment c’était avant.

    Je m’en souviens encore mais pour combien de temps ?

    Le matin, en semaine, on partait travailler.

    On prenait un métro ou on allait à pied

    Retrouver des collègues, un patron, des clients.

    On rencontrait des gens mais ça, c’était avant.

     

    Le dimanche, pour chacun, était jour de repos.

    On restait en famille et s’il faisait beau

    On partait en balade à vélo, en forêt

    Ou s’il faisait mauvais, visiter un musée.

    On profitait du vent, de l’air et du beau temps.

    C’était bon le dimanche, mais ça, c’était avant.

     

    Souvent on recevait des amis, des parents

    Et on allait parfois manger au restaurant.

    Il y avait le théâtre, le ciné, les concerts,

    Les fêtes, les mariages, les jours d’anniversaire.

    Quand on était ensemble nos cœurs étaient contents.

    C’était notre famille mais ça, c’était avant.

     

    Puis c’étaient les vacances, nous partions à la mer

    Ou bien à la montagne. On se mettait au vert.

    Nous allions parfois loin découvrir d’autre lieux,

    Des pays différents, des ciels toujours plus bleus.

    On prenait le soleil, la neige et nos enfants

    Dans de jolies photos, mais ça, c’était avant.

     

    Tout ça n’est plus possible, du moins en ce moment

    Mais nous devons garder l’espoir de jours meilleurs

    Où nous retrouverons le bonheur d’un instant

    Le baiser d’un amant, le parfum d’une fleur,

    Une vie sans frontière et sans confinement

    Où c’est notre présent qui sera notre « avant ».


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  • - Le cimetière marin

     

     

    Ils ont tant navigué, porté tant de marins,

    Secoués par les tempêtes, battus sur les rochers,

    Dans les vents et marées, le sel et les embruns,

    Ils ont courbé la tête mais ils n’ont pas coulé.

     

    Maintes fois colmatés par des mains amoureuses,

    Et trouvant des alliés dans l’écume et le vent,

    Ils ont su résister aux coups de la faucheuse,

    Regonfler leur voilure et huiler leur gréement.

     

    Mais ils n’en pouvaient plus et voulaient être à quai.

    Certains sont encore beaux, d’autres sont des squelettes

    De vieux bois vermoulu dans la vase enfoncée.

    Ils n’ont plus que des os ou plutôt des arêtes.

     

    Alors si vous passez près de leur cimetière,

    Sachez vous arrêter et vous y recueillir.

    Pensez à ce qu’ils fur(ent) lorsqu’ils étaient en mer

    Avant de s’échouer ici et y mourir.

     


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  • - Un baiser

     

     

     

     

     

    Je ne sais pas pourquoi je me suis approché

    Pourquoi, sans rien lui dire, je me suis incliné

    Et sur sa nuque nue, couverte de duvet

    J’ai entrouvert les lèvres et posé un baiser

     

    Mais savons-nous en fait ce que c’est qu’un baiser

    Deux lèvres qui s’entrouvrent, qui touchent et qui aspirent

    Les goûts les plus intimes d’un être bien aimé

    Et partagent ainsi, un instant de plaisir.

     

    En donnant un baiser on signifie à l’autre

    Qu’il ou qu’elle est pour nous quelqu’un de précieux.

    Qu’elle nous est très chère, qu’il fait partie des nôtres

    De ceux que l’on préfère, qui font qu’on est heureux.

     

    Posé sur une joue, la main ou sur le front

    Que ce soit en famille ou par simple amitié

    Il exprime douceur, tendresse et affection

    Et aussi, très souvent, une civilité.

     

    Mais collé sur le ventre, la bouche ou un sein

    En outil de plaisir, érotique et fougueux

    Associé aux caresses du sexe et des mains

    Il provoque l’extase des couples amoureux

     

    Voilà pourquoi voyant, couchée, ma bien aimée

    Sans trop y réfléchir je me suis incliné

    Et sur sa nuque nue, couverte de duvet

    J’ai entrouvert les lèvres et posé un baiser


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  • - Adieu Michel

     

    Chez Laurette:

     

     

    Nous étions nés la même année

    Et tu fus l'un de mes « yéyés ».

    Nous avions tous les cheveux longs,

    Des « pat' d'eph' » et des ceinturons.

     

    Mes premiers accords de guitare

    Ont imité ceux de « Laurette »

    Et j'ai dû chanter certains soirs

    « Pour un flirt » à mes amourettes.

     

    Mais nous avons tous deux vieilli

    Avec la barbe et sans cheveux

    Puis j'ai appris ta maladie

    Et assisté à tes adieux.

     

    Tu n'auras pas soixante-treize ans

    Notre Dieu ne l'a pas voulu.

    Mais tu as marqué notre temps

    Par le grand chanteur que tu fus.

     

    Adieu Michel


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  • - Pauvre rime...

     

     

     

    Que ne ferait-on pour la rime

    Pour qu'un vers soit doux à l'oreille

    Et que la moindre des contines

    A un chef d'oeuvre soit pareill(e) ?

     

    On dirait des stupidités

    Comme: un “amour qui dure toujours"

    Ou d'énormes banalités

    Tell(e)s que: l'”aube d'un nouveau jour”.

     

    Certains auteurs sont prêts à tout

    Et vont placer, sans peur, “pastèqu(e)”,

    Au risque de passer pour fou,

    Dans une histoir(e) de “discothèque”.

     

    On dit ainsi n'importe quoi

    Sous prétexte  de poésie

    Et comm(e) dans le cont(e) du nu roi

    Jamais, personne ne le dit

     

    Pardonnez moi alors si j'os(e)

    Donner conseil à ces auteurs

    De ne pas oublier la pros(e)

    Ou de chercher rimes meilleures

     

    Relire, peut-être, Baudelair(e)

    Ou Brassens, ou Delanoé

    Les aiderait à fair(e) des vers

    qui tiennent debout sur leurs pieds.

     


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